Des questions et des réponses

Les éoliennes font-elles du bruit ? Abiment-elles le paysage ? Nos maisons perdent-elles de la valeur ? On entend beaucoup de rumeurs concernant l’impact des éoliennes. Ces rumeurs sont répandues par des groupements d’opposants bien organisés et bien financés, dont les vrais objectifs ne sont souvent pas ceux qu’ils affichent. Quand on apprend qu’un projet éolien pourrait voir le jour près de chez soi, on se pose des questions. C’est normal. Mais méfions-nous de ce que nous lisons sur Internet ou sur des tracts déposés dans nos boites aux lettres… Ne nous laissons pas manipuler.

Ferréole vous propose ici des réponses claires et honnêtes aux questions que, peut-être, vous vous posez sur les éoliennes

 

1. Les éoliennes font-elles du bruit ?

Vous êtes-vous déjà promené aux abords d’un parc éolien ? C’est le meilleur moyen de se rendre compte par soi-même du bruit que font les éoliennes et ainsi de ne pas se laisser tromper par les « on dit ». Choisissez de vous promener près d’un parc récent car de grands progrès techniques ont été réalisés ces dernières années pour réduire le bruit que font les pales en tournant dans l’air.

Le bruit varie selon la force du vent et la configuration du lieu. La règlementation en matière de bruit est très contraignante. La norme est de 45 décidels (dB) maximum le jour, 43 dB la nuit (40 dB en été) à l’extérieur des maisons.  Cela correspond au bruit d’un salon calme. A l’intérieur des maisons, le bruit perçu est donc encore nettement moindre (+/- 24 dB, c’est-à-dire moins que le bruit… d’une chambre à coucher silencieuse).

Un parc éolien ne sera autorisé que s’il respecte strictement ces normes de bruit.

Le bruit est une notion complexe et particulière. L’échelle des décibels est une échelle logarithmique. Les décibels ne s’additionnent pas comme des nombres décimaux. Par exemple, si l’on écoute 2 sons identiques, la sensation d’intensité sonore n’est pas doublée, mais légèrement augmentée (60 dB et 60 dB ne font pas 120 dB mais 63 dB).

Quand deux bruits de niveaux très différents (≥10dB) se côtoient, le bruit le plus fort masque le plus faible. Ainsi, près d’une autoroute, le bruit léger d’une éolienne disparaîtra, complètement masqué par le bruit du trafic. Il ne s’additionne pas à celui-ci.

Alors, oui, les éoliennes émettent un bruit, mais celui-ci est la plupart du temps couvert par les autres bruits environnants : le vent dans les arbres, les routes aux alentours, les bruits de la vie quotidienne… Et comme les maisons sont en général éloignées de plus de 700 m des éoliennes, il n’y a pas de quoi s’inquiéter.

(Sources : « Rumeurs et réalités, » APERe, Facilitateur éolien pour la Région Wallonne. www.apere.org  – « Réponses aux idées fausses de l’éolien », Planète éolienne. www.planete-eolienne.fr – www.docplayer.fr/21890156-Le-bruit-l-echelle-du-bruit-comment-s-additionnent-les-bruits.html)

 

2. L’effet d’ombre provoqué par les éoliennes est-il mauvais pour la santé ?

 

Quand le soleil brille, l’ombre des pales qui tournent provoque ce qu’on appelle l’effet d’ombre, erronément appelé stroboscopique (les éoliennes actuelles sont « à rotation lente » et la rétine a le temps de s’adapter). Pour que cet effet d’ombre existe, plusieurs éléments doivent être réunis en même temps : soleil sans nuages, soleil bas et dans l’axe de rotation des pales (cela dépend donc de la direction du vent), soleil orienté vers les fenêtres d’une habitation, et présence d’une personne devant cette fenêtre… Tous ces éléments ne sont pas souvent réunis.

Cet effet est sans aucune incidence sur la santé. Il peut cependant être dérangeant pour certaines personnes habitant à l’intérieur de la zone d’ombre.

Afin d’éviter toute gêne, la réglementation wallonne impose l’analyse détaillée de cet effet dans l’étude d’incidences. Le permis ne sera octroyé que si le projet respecte les normes d’exposition légales : 30 h. maximum par an et 30 minutes maximum par jour. Les éoliennes sont équipées d’un système d’arrêt automatique stoppant les pales quand ces normes risquent d’être dépassées.

Donc : aucun danger pour la santé et une gêne limitée grâce à une législation stricte.

(Sources : « Rumeurs et réalités, » APERe, Facilitateur éolien pour la Région Wallonne. www.apere.org – « Réponses aux idées fausses de l’éolien », Planète éolienne. www.planete-eolienne.fr)

 

3. Les infrasons émis par les éoliennes sont-ils dangereux ?

Les infrasons sont des ondes sonores dont la fréquence est inférieure à 20 Hz. L’oreille humaine est peu sensible aux infrasons mais elle peut quand même les percevoir quand leur niveau est très élevé. Les sources d’infrasons, naturelles ou artificielles, sons nombreuses : le vent, les vagues, les cascades, les autos, les camions, les frigos, les lessiveuses…

Les éoliennes en mouvement émettent aussi des infrasons mais l’INRS[1] confirme que les niveaux émis sont inférieurs à ceux du vent lui-même dans leur environnement.

Toutes les études sérieuses conduites sous la direction d’autorités publiques ou universitaires concluent que les infrasons émis par les éoliennes sont inoffensifs pour la santé. « Au-delà de quelques mètres de ces engins, les infrasons des éoliennes sont très vite inoffensifs. Ils n’ont aucun impact sur la santé de l’homme » (Académie française de médecine).

Les rumeurs qui circulent sur Internet à ce sujet, proviennent d’articles qui n’ont aucune valeur scientifique et dont les conclusions n’ont jamais été validées par une autorité scientifique.

[1] INRS : Institut National (français) de Recherche et de sécurité pour la prévention des accidents de travail et des maladies professionnelles.

(Source : ir B. Deboyser, conseiller en prévention, faculté polytechnique, Université de Mons)

 

4. Les éoliennes entraînent-elles une diminution de la valeur des terrains et des maisons ?

 

L’annonce d’un projet éolien peut avoir un effet dépréciateur à court terme sur la valeur immobilière locale. Mais il reste limité dans le temps.

Lorsque le parc éolien est en fonction, on remarque que l’immobilier reprend le cours du marché. C’est notamment ce que montre une étude prospective ordonnée par la Région wallonne (Devadder 2005). Ce résultat confirme les tendances remarquées dans d’autres pays tels que la France et les Etats-Unis. Une étude publiée en 2010 par la Commission immobilière des Notaires francophones de Belgique montre que l’implantation de parcs éoliens n’a aucun impact significatif sur le marché immobilier. L’agence immobilière Century21 arrive à la même conclusion. L’ERA baromètre 2018 indique que tout au plus, en Flandre, la baisse de prix des habitations situées dans un rayon entre 500 m et 2000m pourrait être en moyenne de 2,7%.

La valeur d’un bien immobilier est constituée d’éléments objectifs (localisation, surface habitable, nombre de chambres, isolation, type de chauffage,…) et subjectifs (beauté du paysage, impression personnelle, coup de coeur,…).

L’implantation d’un parc éolien n’a aucun impact sur les critères de valorisation objectifs d’un bien. Il ne joue que sur les éléments subjectifs, qui peuvent varier d’une personne à l’autre. Certains considèrent la présence d’un parc éolien comme un « plus », d’autres pas.

(Sources : « Rumeurs et réalités, » APERe, Facilitateur éolien pour la Région Wallonne. www.apere.org – « Réponses aux idées fausses de l’éolien », Planète éolienne. www.planete-eolienne.fr)

 

5. Les éoliennes abîment-elles le paysage ?

 

Un parc éolien modifie l’aspect d’un paysage, c’est certain. Cependant les règles d’implantation sont très strictes : chaque projet éolien est analysé par quinze institutions différentes. Le « Cadre de référence éolien wallon » insiste sur la bonne intégration des éoliennes dans le paysage et exige, par exemple, que les parcs s’harmonisent avec les « lignes de force » du paysage (relief, massif boisé, infrastructures existantes…).

L’impact visuel d’un parc éolien sur un paysage est très subjectif : il dépend de l’état d’esprit de celui qui le regarde et de l’intérêt qu’il lui reconnaît, pour lui-même et pour la collectivité. C’est pourquoi certaines personnes seront dérangées par cette modification de leurs habitudes et d’autres pas du tout.

Comme d’autres infrastructures auxquelles nous sommes habitués, les éoliennes ont un caractère d’utilité publique. L’urgence d’une réponse au défi climatique impose que nous nous libérions du réflexe « nimby ».

Les constructeurs soignent l’aspect des éoliennes. Ils tentent de leur donner une certaines élégance : élancées, leur ligne épurée est mise en valeur par leur couleur claire. Leur partie inférieure est parfois de teinte verte pour qu’elles s’harmonisent mieux avec  le paysage.

(Sources : « Rumeurs et réalités, » APERe, Facilitateur éolien pour la Région Wallonne. www.apere.org –   « Réponses aux idées fausses de l’éolien », Planète éolienne. www.planete-eolienne.fr)

 

6. La production éolienne est intermittente : ne risque-t-on pas des coupures d’électricité ?

 

La production d’une éolienne est effectivement variable, il n’y a pas de vent tout le temps. Mais elle est prévisible et cela change tout ! Elle est prévisible grâce à l’interprétation des données météorologiques.

Les variations de l’éolien sont intégrées dans la gestion générale du réseau électrique. Les « gestionnaires d’équilibre » gèrent depuis plus d’un siècle les nombreuses variations sur le réseau. Tous les producteurs d’électricité – de source fossile, nucléaire ou renouvelable – annoncent leurs prévisions de production, détaillées par quart d’heure. Si un risque de déséquilibre survient, les gestionnaires peuvent rétablir un équilibre en temps réel : en modulant les sources de production et de consommation, et en important ou en exportant de l’énergie de régions proches.

Il n’y a donc pas de compensation spécifique pour l’éolien.

Enfin, il est évident que notre pays devra moderniser son réseau électrique dans les prochaines années pour s’adapter au développement des énergies renouvelables.

 

(Sources : « Rumeurs et réalités, » APERe, Facilitateur éolien pour la Région Wallonne. www.apere.org  –  « Réponses aux idées fausses de l’éolien », Planète éolienne. www.planete-eolienne.fr)

 

7. Faut-il compenser les moments d’arrêt des éoliennes par des énergies polluantes ?

 

Les centrales au gaz et au charbon émettent de grandes quantités de CO2 responsables du dérèglement climatique. Lorsque le vent souffle, les éoliennes produisent une électricité propre qui permet de réduire cette pollution en temps réel.

Lorsque le vent diminue, les éoliennes ralentissent ou s’arrêtent temporairement et la production électrique classique retrouve, dans le pire des cas, son taux d’émission de CO2 initial. Il s’agit bien d’un retour au niveau initial, pas d’une augmentation du taux par rapport à ce niveau de base ! Ce ne sont pas les centrales au gaz qui compensent l’intermittence de l’éolien, c’est l’éolien qui soulage la production d’énergie traditionnelle polluante.

L’absence de vent doit-elle automatiquement être compensée par des centrales au gaz ?  Non, pas automatiquement ! D’autres énergies renouvelables peuvent apporter leur contribution : le soleil, qui brille indépendamment du vent, et d’autres sources renouvelables : biométhanisation, énergie hydroélectrique… D’où l’importance de développer toutes les sources d’énergie renouvelable dont nous disposons.

 

(Sources : « Rumeurs et réalités, » APERe, Facilitateur éolien pour la Région Wallonne. www.apere.org  –  « Réponses aux idées fausses de l’éolien », Planète éolienne. www.planete-eolienne.fr)

 

8. Une éolienne ne nécessite-t-elle pas, pour sa construction, son exploitation et son démantèlement,

plus d’énergie qu’elle n’en produit ?

 

Autrement dit : rembourse-t-elle sa « dette énergétique » ?

Le cycle de vie et le bilan énergétique des différents modèles d’éoliennes ont été rigoureusement analysés : construction, assemblage, transport vers le site éolien, gestion des déchets,… Ce coût énergétique a ensuite été mis en comparaison avec la production d’énergie de l’éolienne.

En Belgique, dans les cas les plus défavorables (par exemple dans le cas d’une machine construite dans un pays lointain), les éoliennes remboursent leur dette énergétique en moins d’un an !

Au-delà de cette période, l’éolienne produit une énergie 100% propre durant toute sa vie (20 ans en moyenne).

Seules les productions d’énergies renouvelables peuvent assurer un tel bénéfice environnemental !

 

(Sources : « Rumeurs et réalités, » APERe, Facilitateur éolien pour la Région Wallonne. www.apere.org  –   « Réponses aux idées fausses de l’éolien », Planète éolienne. www.planete-eolienne.fr)

 

9. Les éoliennes sont-elles recyclables ?

 

Une éolienne est principalement composée des matériaux suivants : cuivre, fer, acier, aluminium, plastique, zinc, fibre de verre, béton. 98 % du poids de ces matériaux sont recyclables. Seule la fibre de verre des pales ne peut actuellement être recyclée (2 %), mais des recherches sont en cours.

On a récemment mis au point un procédé permettant d’utiliser la fibre de verre dans la fabrication de ciment. Les pales sont d’abord broyées puis enrichies pour servir de substitut aux matières premières dans la fabrication de ciment.

Le socle en béton est lui aussi entièrement recyclable en granulats pour une réutilisation en sous-couche routière ou en construction.

A la fin de sa vie, l’éolienne peut être facilement démontée, le socle de béton peut être récupéré, et l’emplacement peut être à nouveau végétalisé. Aucune pollution ne subsiste. Le responsable du parc éolien doit remettre la parcelle de terrain entièrement dans son état initial. Une garantie de 80.000 € par éolienne est d’ailleurs déposée sur un compte bloqué pour assurer que ce démantèlement pourra se faire même en cas de faillite de l’entreprise.

 

(Sources : « Rumeurs et réalités, » APERe, Facilitateur éolien pour la Région Wallonne. www.apere.org  –  « Réponses aux idées fausses de l’éolien », Planète éolienne. www.planete-eolienne.fr)

 

10. Mon électricité verte n’est-elle pas mélangée à de la grise ?

 

Comme il n’est pas possible de stocker l’électricité en grande quantité, l’énergie produite par les éoliennes est vendue et injectée dans le réseau national.

Toutes les installations collectives de production d’énergie électrique fonctionnent selon ce principe (centrales au gaz, nucléaire, éolien,…). Chaque consommateur puise sur ce réseau l’électricité dont il a besoin au moment où il en a besoin.

L’électricité que je consomme est donc d’origines diverses. Mais si je suis client d’un fournisseur d’électricité 100 % verte comme COCITER, c’est en payant mes factures à ce fournisseur que je choisis l’origine de mon électricité et que je participe à l’augmentation de la production d’électricité d’origine renouvelable.

Notons tout de même que l’électricité est paresseuse. Elle choisit le chemin le plus court et le plus facile… L’énergie électrique injectée dans une sous-station proche d’un village sera principalement consommée dans ce village, réduisant les pertes en lignes et le coût liés au transport d’énergie sur de longues distances.

La plupart des fournisseurs proposent une offre « électricité verte ». Mais attention au greenwashing ! COCITER ne fournit que l’électricité produite par les coopératives : 100 % verte, locale et citoyenne. C’est une électricité d’origine contrôlée !

 

(Sources : « Rumeurs et réalités, » APERe, Facilitateur éolien pour la Région Wallonne. www.apere.org  – « Réponses aux idées fausses de l’éolien », Planète éolienne. www.planete-eolienne.fr)

 

 

A suivre… Bientôt ici, d’autres questions et d’autres réponses !

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